L'essentiel pour le DPO
L'Italie met en place la gouvernance nationale prévue par l'IA Act. L'autorité de protection des données surveillera le haut risque dans cinq secteurs sensibles et demande d'étendre l'interdiction des décisions entièrement automatisées aux évaluations de performance, de primes et d'évolution de carrière. Si un client utilise des outils d'IA dans la gestion des ressources humaines, c'est le point à suivre.
Ce que prévoit le projet de décret
Le texte définit le système national de gouvernance et de surveillance de l'intelligence artificielle et désigne l'autorité de protection des données comme autorité de surveillance du marché pour les systèmes à haut risque utilisés dans les domaines les plus sensibles pour les droits fondamentaux : justice, activités répressives, immigration, gestion des frontières et processus démocratiques. Il introduit également des règles pour les secteurs financier et assurantiel et encourage la culture numérique et la formation à un usage éclairé de l'IA à l'école, à l'université et dans les parcours professionnels.
Le choix n'a rien d'évident. Dans de nombreux États membres, la surveillance du haut risque a été confiée à des autorités nouvellement créées ou à des agences techniques ; ici une part importante reste à l'autorité de protection des données, qui apporte une méthode d'instruction éprouvée et une pratique décisionnelle consolidée. Pour un DPO, cela signifie que, au moins dans ces secteurs, l'interlocuteur sur l'IA Act et sur le RGPD sera le même.
Les conditions posées par l'autorité
- Reconnaître à l'autorité le pouvoir d'adopter des lignes directrices, des recommandations et des bonnes pratiques, au même titre que les autres autorités compétentes en matière d'IA. C'est la demande qui pèse le plus sur le travail quotidien : sans ce pouvoir, la source d'interprétation sur laquelle un DPO peut s'appuyer ferait défaut.
- Clarifier les règles d'application des sanctions relevant de sa compétence, conformément au code italien de la protection des données.
- Associer l'autorité aux activités du bac à sable réglementaire italien pour l'intelligence artificielle.
- Clarifier le rôle de l'autorité dans les procédures d'évaluation de la conformité des systèmes à haut risque, pour lesquels l'IA Act lui confie des fonctions de surveillance spécifiques.
- Étendre l'interdiction des décisions fondées exclusivement sur des systèmes automatisés aux évaluations susceptibles d'affecter de manière significative la relation de travail, comme celles portant sur la performance, l'attribution de primes ou l'évolution de carrière.
- Adapter les ressources financières de l'autorité aux nouvelles compétences que lui confie le droit de l'Union.
La condition qui concerne tous les clients
La dernière demande est celle dont la portée est la plus large. Aujourd'hui, l'interdiction de l'article 22 du RGPD couvre les décisions produisant des effets juridiques ou affectant de manière significative de façon analogue. Si le décret reprenait la proposition de l'autorité, l'évaluation de la performance, l'attribution d'une prime et l'évolution de carrière seraient couvertes de manière explicite. Beaucoup d'entreprises utilisent déjà des outils de notation interne à ces fins sans les avoir jamais qualifiés : il vaut la peine de les recenser maintenant, avant que la qualification ne devienne obligatoire.
Le second avis : biométrie et forces de police
Par un avis distinct, également du 14 juillet 2026, l'autorité s'est prononcée sur les titres du projet régissant l'usage de l'IA par les forces de police, fixant limites et garanties pour le traitement des données biométriques et pour l'identification biométrique à distance. Elle a jugé le texte globalement cohérent avec l'IA Act et avec la loi de délégation n° 132/2025, en signalant toutefois des points à renforcer : clarifier le rôle de la supervision humaine, définir plus précisément les responsabilités dans les projets de recherche et d'expérimentation, et renforcer les garanties relatives à la qualité des bases de données biométriques utilisées.
Le passage le plus net concerne le traitement automatisé et généralisé des données biométriques des personnes accédant à des lieux ou événements publics : selon l'autorité, il n'est pas cohérent avec l'IA Act, qui n'autorise la reconnaissance faciale a posteriori que pour des recherches ciblées. Le traitement devrait porter exclusivement sur des enregistrements déjà acquis et en présence d'un besoin opérationnel précis, en évitant les collectes massives et préventives. L'autorité demande enfin l'interdiction expresse d'utiliser des bases de données obtenues par moissonnage indiscriminé ou en violation du droit de la protection des données.
Pourquoi cela compte maintenant
Le calendrier de l'IA Act a été modifié par le paquet Digital Omnibus : les obligations relatives aux systèmes à haut risque de l'annexe III s'appliquent à compter du 2 décembre 2027 et celles de l'annexe I à compter du 2 août 2028. Le report porte sur les dates, non sur le contenu. Un décret d'application qui définit qui surveille, avec quels pouvoirs et quelles sanctions, est exactement l'infrastructure nécessaire avant, et non après : lorsque les obligations deviendront exigibles, l'autorité compétente sera déjà opérationnelle.
Source officielle:Autorité italienne de protection des données - Lettre d'information n° 550 du 29 juillet 2026 ; avis du 14 juillet 2026 [doc-web 10275626 et 10275606]Vous cherchez un outil pour votre travail de DPO ?
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