Toutes les actualités
Réglementation 24 août 2026 6 min

Soixante-dix-sept cases : ce qu'un DPO classe vraiment, et pourquoi trente et une ne suffisaient pas

L'archive documentaire passe de trente et une à soixante-dix-sept rubriques, regroupées dans les six choses qu'un responsable doit savoir démontrer. Et la page qui les affiche a été refaite

En bref

Trente et une rubriques documentaires deviennent soixante-dix-sept, réparties en six familles : informer, désigner, enregistrer, évaluer, réagir, démontrer. La page de l'archive a été redessinée : au-dessus de chaque famille figure une mosaïque qui est le portrait de ce client, et la famille la moins couverte se promeut d'elle-même en tête.

D'où cela vient

Une archive de trente et une cases paraît complète jusqu'à l'usage sur un cas réel. On s'aperçoit alors que les consentements recueillis finissent dans « Autres documents », que l'accord syndical sur la vidéosurveillance n'a pas de place propre, et que l'analyse d'impact des transferts — celle qui accompagne chaque clause contractuelle type depuis Schrems II — n'est nulle part. « Autres documents » est la case où meurt tout ce que le concepteur n'a pas prévu.

Les quatre qui pesaient le plus

  • Décisions automatisées et profilage (art. 22). Avec le scoring, les filtres de CV et les dispositifs antifraude, c'est partout, et l'amende de huit cent vingt-cinq millions prononcée ces jours-ci aux Pays-Bas porte exactement là-dessus. Il n'y avait pas de case.
  • Traitements biométriques. Ils appellent une analyse propre et finissaient dans « Mesures de sécurité », où personne ne les cherche.
  • Registre des accès et des journaux. C'est la première preuve demandée quand un accès indu est contesté, et c'est aussi l'obligation qui pèse sur les administrateurs système.
  • Anonymisation et pseudonymisation. Presque toujours affirmée, presque jamais documentée : c'est le point sur lequel les autorités ont démonté le plus de défenses ces deux dernières années.

Et ensuite le reste

Accords syndicaux et autorisations de contrôle à distance — sans eux, vidéosurveillance et géolocalisation sont illicites en amont, avant même le RGPD. Registre des violations de l'art. 33, § 5, obligation autonome qui ne se réduit pas au traitement d'un incident. Moyens et indépendance du DPO au titre de l'art. 38, première question de tout examen de la fonction. Consentements recueillis et retraits, qui constituent la preuve exigée par l'art. 7, § 1. Et encore : information des candidats, des mineurs, de l'auteur du signalement ; administrateurs système ; représentant dans l'Union ; cartographie des flux ; classification des données ; tests de vulnérabilité ; protection dès la conception dans les projets ; plan de réponse aux incidents ; communications aux personnes concernées de l'art. 34 ; police cyber ; rapport périodique du DPO.

Pourquoi la page a été refaite

Soixante-dix-sept rectangles en grille font un mur, pas une liste. Les rubriques sont désormais dans six familles correspondant aux six choses qu'un responsable doit savoir démontrer, et au-dessus de chacune il y a une mosaïque : une tuile par rubrique, pleine quand elle contient des documents. Ce n'est pas une illustration tirée d'une banque d'images : c'est le portrait de ce client, et il change à mesure qu'on travaille. Une photo d'archive serait identique pour tous et ne dirait rien.

La famille la moins couverte, ce n'est pas nous qui la choisissons : c'est le code, d'après la couverture, et elle monte en tête avec le fond plein de sa couleur et un bouton qui ouvre directement la première rubrique vide. Les cinq autres restent monochromes à dessein. Six couleurs pour six familles étaient six couleurs qui ne disaient rien ; la couleur n'est utilisée que par une seule chose par écran, et c'est pour cela qu'on la voit.

Une chose à savoir avant de l'ouvrir

Sur un client nouveau, la mosaïque sera presque entièrement vide et les six fiches diront toutes « vide ». C'est honnête et c'est inconfortable. Les soixante-dix-sept rubriques ne servent pas à tout le monde : un cabinet médical et une agence immobilière en utilisent ensemble moins de vingt. Les modèles sectoriels existent justement pour partir des rubriques qui concernent ce client plutôt que de toutes.

Source officielle:DPO Workspace — archive documentaire

Vous cherchez un outil pour votre travail de DPO ?

DPO Workspace est conçu par un DPO certifié. 30 jours d'essai gratuit.

Commencer gratuitement

Articles connexes

Réglementation
26l'article que personne ne signe avant de diffuser

Qui répond de la diffusion en direct du match des moins de 14 ans ? La Suède répond à la question que personne ne pose

Le 25 août, l'autorité suédoise a publié un guide sur la diffusion du sport des jeunes. Beaucoup de clubs diffusent en ligne les matchs des enfants, et le guide indique les facteurs qui déterminent ce qui est permis. Mais la partie qui vaut la lecture est l'autre : la responsabilité quand la commune possède l'équipement et que le club veut y installer des caméras.

25 août 2026Nouveau 5 min
Réglementation
24mois au-delà desquels un incident ne s'utilise plus

Le score qui vous refuse un crédit peut être demandé, et il doit être expliqué

Le 19 août, la CNIL a traduit pour le public sa recommandation de mai 2026 sur l'évaluation de la solvabilité. On y trouve trois chiffres et un principe qui concernent quiconque pratique le scoring : vingt-quatre mois pour les incidents passés, six mois pour les données d'une demande refusée, et un droit d'accès au score qui ne se règle pas en invoquant le secret des affaires.

19 août 2026Nouveau 6 min
Réglementation
2critères du CEPD et l'AIPD devient obligatoire

À l'école les traceurs publicitaires sont interdits, et ce n'est pas une question de consentement

Le 24 août, la CNIL a publié les règles applicables aux espaces numériques de travail utilisés dans les établissements scolaires. Le point décisif n'est pas la protection des mineurs mais un principe de droit administratif : la neutralité du service public de l'éducation inclut la neutralité commerciale, de sorte que les traceurs à des fins publicitaires ou de profilage sont en principe interdits. Si l'outil en comporte, le responsable de traitement doit les désactiver.

24 août 2026Nouveau 6 min