En bref
Vingt-quatre mois : au-delà, les incidents de remboursement passés ne devraient plus être utilisés. Six mois : durée de conservation des données d'un non-client à qui l'on a opposé un refus. Le score peut être demandé par le droit d'accès, accompagné de ce qui le rend compréhensible. Le secret des affaires peut limiter la réponse, non la transformer en refus global.
Il n'existe pas de droit au crédit, il existe un devoir d'expliquer
La CNIL part de là où partirait un juriste : la liberté contractuelle de l'article 1101 du code civil. Nul n'est tenu d'accorder un prêt. Mais avant de l'accorder il y a l'obligation d'évaluer la solvabilité, et cette évaluation traite des données personnelles.
Les établissements peuvent recourir à l'intelligence artificielle ou à des modèles statistiques. La CNIL écrit que ces outils « sont soumis au RGPD : ils doivent être transparents, limiter les biais et ne pas conduire à des discriminations », et que dans tous les cas l'établissement demeure responsable de la décision et doit être en mesure d'expliquer les principaux critères utilisés ainsi que les conséquences du processus sur la situation de la personne.
Les trois chiffres
- Vingt-quatre mois : la CNIL recommande de ne pas utiliser les incidents de remboursement passés au-delà de ce délai, sauf circonstances particulières.
- Six mois : le non-client à qui l'on oppose un refus peut voir conservées les informations de sa demande pendant six mois, pour analyser plus rapidement une demande ultérieure.
- Au-delà, uniquement pour le contentieux : pendant la durée de la prescription applicable, jusqu'à la fin d'une procédure en cours, et dans des conditions de confidentialité strictes.
Sur les incidents, la CNIL ajoute deux conditions qu'on oublie facilement. Ne peuvent être retenus que ceux qui répondent à des critères objectifs, définis à l'avance. Et le contexte doit être pris en compte : s'ils ont été contestés, s'ils ont été régularisés, s'ils ont donné lieu à une décision de justice. Un incident écarté par une décision définitive ne peut plus entrer dans l'évaluation.
Le score se demande au titre de l'article 15
La personne peut demander à connaître son score, et l'information doit être accompagnée des éléments qui permettent de le comprendre — par exemple les notes minimales et maximales pour obtenir le crédit. La CNIL est explicite : ce ne peut pas être une simple répétition de ce qui a été transmis avant l'évaluation, cela doit être précis et personnalisé.
Le droit d'accès n'est pas absolu et le secret des affaires peut s'opposer à une partie de la réponse. Mais « ce refus ne doit pas être global et absolu » : l'établissement doit s'efforcer de faire droit à la demande et y répondre dans la mesure du possible, en fournissant le plus d'éléments possibles.
Ce qu'il faut regarder chez un client qui pratique le scoring
Le délai au-delà duquel les incidents passés sont écartés, et s'il est écrit quelque part. La liste préalable des types d'incidents utilisables : si elle n'existe pas, les critères objectifs non plus. La procédure de réponse à une demande d'accès au score, et qui décide de ce que couvre le secret des affaires. Et les crédits qui ne disent pas leur nom — paiement fractionné, différé, carte adossée à un crédit renouvelable, découvert : ce sont des crédits et ils peuvent déclencher l'évaluation.
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