Le 15 août 2026 est entrée en vigueur la Cyberbeveiligingswet, la loi par laquelle les Pays-Bas transposent la directive NIS2. Adoptée par le Sénat le 7 juillet, elle remplace la précédente Wbni, qui est abrogée.
Environ huit mille organisations relèvent directement du champ : celles qui opèrent dans un secteur des annexes I ou II de la directive, qui sont des moyennes ou grandes entreprises et qui fournissent des services dans l'Union. Certaines entités à haut risque y sont soumises quelle que soit leur taille.
Le chiffre qui compte est un autre
Par la responsabilité sur la chaîne d'approvisionnement, la loi atteint environ cent trente-trois mille petites et moyennes entreprises néerlandaises. Non parce qu'elles y sont assujetties, mais parce qu'elles fournissent quelqu'un qui l'est — et celui-ci devra exiger d'elles des garanties qu'il n'a pas aujourd'hui.
C'est le mécanisme que le RGPD a déclenché avec l'article 28 : l'obligation formelle pèse sur quelques-uns, mais les exigences contractuelles se propagent en aval. Qui conseille des PME le constatera dans les questionnaires que ses clients commenceront à recevoir de leurs propres donneurs d'ordre.
Ce qui s'applique immédiatement
- obligation d'enregistrement auprès de l'autorité compétente
- devoir de diligence sur les mesures techniques et organisationnelles
- obligation de notification des incidents
- obligations de gouvernance pesant sur l'organe de direction, qui en répond directement
Ce dernier point mérite attention : NIS2 place la responsabilité sur le conseil, qui doit approuver les mesures et veiller à leur mise en œuvre. Ce n'est pas une obligation délégable au service informatique.
Aucune période de grâce
Les cabinets qui ont commenté la loi s'accordent sur un point : aucune période transitoire n'est prévue. Depuis le 15 août les obligations sont exigibles, et qui n'a pas agi avant est déjà en retard.
Pourquoi cela concerne au-delà des Pays-Bas
NIS2 doit être transposée par tous les États membres, à des dates échelonnées. La loi néerlandaise préfigure ce qui arrivera ailleurs : même structure d'obligations, même propagation le long de la chaîne, même responsabilité des dirigeants.
Pour un délégué à la protection des données, le point d'attention est le chevauchement avec l'article 33 du RGPD. Un même incident peut déclencher deux notifications, auprès de deux autorités différentes, avec des délais et des destinataires différents : celle de sécurité au titre de NIS2 et celle de violation de données personnelles au titre du règlement. Ce sont des obligations distinctes, et l'une n'absorbe pas l'autre.
Vous cherchez un outil pour votre travail de DPO ?
DPO Workspace est conçu par un DPO certifié. 30 jours d'essai gratuit.
Commencer gratuitement